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Record énergétique sur Grenoble Nice - Vendredi 20 juin 2014

La presse en parle….

Trois cyclistes montés sur des vélos à assistance thermique vont tenter ce vendredi de rejoindre Grenoble à Nice par la route des Alpes dans la journée, en consommant moins de deux litres d'essence, un défi en terme de performance énergétique.

Nous avons choisi ce trajet, car c’est une classique Alpine mythique, dans le milieu cycliste.


Et je voudrais commencer par exprimer mon admiration pour tous les cyclistes qui font cela dans la journée, comme nous, mais à la seule force du mollet !


Mesdames et messieurs, respect !


Mes deux compères retraités, Gérard Sacco et Jean louis Gabaudan (64 et 67 ans) l’avaient fait et en conservaient un souvenir encore vif… Mais pour ma part (54 ans, 85 Kg… pratiquement sans entrainement) j’en serais totalement incapable.


















Les chiffres :


3 Hector Delta, un « végétarien » en bioéthanol (alcool de betterave) et deux en essence SP95, puissance d’assistance max 600W soit moins que beaucoup de vélos électriques « libres ».


320 Km, 3200m de dénivelé positif, en 8H48 de selle, 36.3Km/h de moyenne jusqu’à la promenade des Anglais (un vendredi 18heures à Nice…)

Notons que Michelin annonce le même parcours en voiture à 6H30, soit 49 de moyenne, les journalistes ont d’ailleurs eu toutes les peines du monde à nous rattraper…

Consommation, pour le parcours complet 1,95 litre pour le vélo en bioéthanol ; 1,52 litre pour le meilleur vélo en essence ;  1,58 pour le mien ; et donc 1,55 L pour les « essences ».


Soit 0,48 litre/100 Km en essence et 0,61 litre/100 Km en bioéthanol.

Ne vous y fiez pas, la meilleure performance énergétique est en éthanol avec seulement 12 Kwh d’énergie contre 13 Kwh en essence. (Explications à la fin)

Si la performance impressionne les spécialistes, le public pourra rester perplexe par manque de connaissances. En effet, pour beaucoup un véhicule électrique qui consomme 0 litre/100Km ne peut être que meilleur…


Il y a une grande confusion (entretenue) entre principe de fonctionnement (qui est électrique), et la source d’énergie qui est nucléaire en France (uranium, plutonium) et à charbon ou fossile ailleurs.


Et la bonne question pour la planète, n’est pas combien d’électricité j’ai utilisé pour un parcours, mais :

« Combien d’énergie a-t-il fallu, pour produire l’électricité nécessaire pour 100 Km ? »

En fait un véhicule est électrique comme une locomotive était à vapeur, et en l’absence de gisement d’électricité comme de vapeur, les deux mangent du charbon dans la plupart des pays et du plutonium en France pour fonctionner.


Pour comparer l’efficacité énergétique d’un véhicule électrique avec un autre en essence, il faut multiplier la capacité de la batterie en Kwh par 0,5 litre et regarder combien de Kilomètres nous faisons avec ce « plein ». Là on constate une bonne efficacité énergétique en ville et médiocre sur route.

Pour faire mieux que les Hector, un vélo électrique devra donc faire le parcourt à la même vitesse ce qui n’est pas un problème car la plupart des vélos électriques « libres » sont 2 fois plus puissants mais avec moins de 3 Kwh de batterie.


Tous les initiés savent que cela n’est pas gagné, même en vélo de course et en mettant les 25 Kg de batterie de rechange dans la voiture d’assistance.

Et la chose serait sans doute encore plus difficile si je suis au guidon…




Pour ceux qui veulent en savoir plus :


Nous avons en effet la mauvaise habitude de comparer en litres/100Km l’efficacité énergétique d’un véhicule, ce qui a aussi peu de sens que de dire « Hier j’étais saoul, j’ai bu un litre !» mais un litre de quoi ?  


L’énergie (en Kilowatt heure) contenue dans un litre de Diesel est 10 KWh ; d’essence 8,3 KWh ; de GPL 6,8 KWh et de 6 KWh pour le Bioéthanol.

Et un véhicule qui consomme 10 litres de bioéthanol (10 x 6 = 60KWh) sur un parcours, consomme la même énergie, qu’un véhicule consommant 7,2 litre d’essence (7,2 x 8,3 = 60 KWh) ou 6 litres de Diesel (6 x 10 = 60KWh).


Mais il consomme aussi la même énergie qu’un véhicule électrique qui a « vidé » une batterie de 14,5 KWh.

En effet, Le solaire et les 7000 éoliennes françaises font 2% de notre électricité, l’hydraulique (8%) est absorbé depuis bien longtemps par les besoins quotidiens, si bien qu’un véhicule électrique fonctionne en France au plutonium (MOX) et au charbon ou fossile dans les autres pays.


L’électricité est produite par voie thermique (tient, elle aussi…) grâce à des chaudières à vapeur (comme les locomotives…) où les pertes sont considérables (30% de rendement), elle doit être acheminée jusque chez vous avec d’autres pertes (95% de rendement), puis elle doit entrer et ressortir de la batterie (charge/ décharge) avec 85% de rendement.


Pour qu’une batterie restitue 1 Kwh, il faut donc 1/ 0,3 x 0,95 x 0,85 soit 4,15 Kwh d’uranium, plutonium, charbon, fossile soit l’équivalent de 0,5 litres d’essence ou 0,7 litre d’éthanol.


La vraie question est donc : Combien de charbon, gaz, pétrole, plutonium utilise mon véhicule électrique pour effectuer 100 Km ?

Là on constate une bonne efficacité énergétique en ville et médiocre  sur route.


http://www.automobile-propre.com/forums/voiture-electrique-general/enfin-une-base-de-comparaison-fiable-t498.html

Le bilan carbone lui, n’est bon que sur nucléaire, mais avec des risques et déchets qui ne font pas l’unanimité non plus.

Plus que jamais, la seule bonne énergie est celle que l’on n’utilise pas ! Et la bonne question n’est pas « A quoi cela fonctionne ? » mais plutôt « A combien cela fonctionne ? ».


Là, un vélo électrique est positif, non pas parce qu’il fonctionne au plutonium ou charbon, mais parce qu’il consomme peu, et permet à une voiture bien plus gourmande (même électrique) de rester au parking. Même chose pour un Hector Delta qu’il soit végétarien (éthanol de betterave) ou fossile (essence), l’intérêt n’est pas là.


Mais dans le fait qu’il a utilisé 1,5 litre d’essence, là où la voiture d’assistance (essence elle aussi) en a utilisé 30 pour le même parcourt et à la même vitesse soit 20 fois plus.

Le fait que le rendement d’un Hector Delta dépasse de quelque point le rendement d’un vélo électrique n’est que du rock’n’roll, en valeur absolue la différence est infime.

Son mérite est de tordre le cou à bien des idées reçues « non une Tesla électrique de 2,3 tonnes et 400 chevaux n’est pas une voiture écologique » et le véhicule propre n’existe que dans les publicités, ce qui ne doit pas nous empêcher pas de faire des progrès !


Si le pot d’échappement d’un Hector Delta n’émet ni fumée, ni odeur (norme californienne CARB 4), il émet des polluants. En une heure il émet ce qu’une voiture essence émet entre le moment ou vous tournez la clef de contact et celui ou vous mettez la première…


L’échappement d’un véhicule électrique se trouve lui à la cheminée de la centrale électrique et nous avons pu voir cet hiver que les centrales Allemandes sont du même tonneau que nos Diesels. En France chacun de nous est responsable chaque année de 3 Kg de déchets nucléaires métalliques ultimes, nocifs pour des millions d’années et beaucoup plus pour les autres déchets de radio activité moyenne.


C’est avec de la connaissance que nous pourrons faire des progrès et une chose restera invariablement vraie :

« La bonne énergie, c’est celle que l’on n’utilise pas ! »

Essayons donc d’en utiliser le moins possible !

 

Le parcours : Grenoble-Nice par le col de Lus la Croix Haute : 318 Km

video Grenoble-nice

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